SEVERO MOTO,VOUS N'ETES PLUS L'HOMME QUE LA JEUNESSE ATTEND !

12/06/2020

Semaine après semaine, Severo Moto distille son aigreur sur son blog Geoconfidencial. Souvent outrancier et victime d'un rapport à la réalité altéré, son propos vise exclusivement à le présenter, lui, l'opposant historique à Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, comme le seul et unique recours politique en Guinée Equatoriale.

Plutôt que d'épiloguer sur le fait qu'après tant d'années d'exil volontaire, Severo Moto a perdu depuis longtemps le contact avec la jeunesse de son pays d'origine, il convient plutôt d'expliquer à la jeunesse qui est réellement Severo Moto.

Il débarque en Guinée Equatoriale en 1971 pour servir Francisco Macias Nguema en tant que journaliste à la RTGE puis comme responsable du service d'Information de la dictature. Il s'accommode sans états d'âme du coup d'Etat de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo en 1979. Et se met aussitôt au service du nouveau pouvoir comme secrétaire d'Etat à l'Information.

Severo Moto prétend qu'il s'est enfui de Guinée Equatoriale pour des raisons politiques peu de temps après l'arrivée du Président Obiang. Faux. Il a quitté le plus tranquillement du monde son pays, embarquant paisiblement dans un vol Iberia à l'aéroport international de Malabo. Direction, Madrid, pour des vacances en famille...

On l'aura compris, contrairement à ce qu'il dit et écrit, Severo Moto n'a jamais démissionné de ses fonctions ministérielles. Il a été destitué de son poste de secrétaire d'Etat à la faveur d'un remaniement ministériel. Et oui, c'était sur décision de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.

Une fois sur le sol espagnol, Severo Moto est rapidement pris en main par la droite espagnole et ses barbouzes qui n'ont jamais cessé de l'instrumentaliser. Il entame alors une étonnante carrière de mercenaire qui le mènera aux quatre coins du monde. Son obsession devient alors de renverser coûte que coûte Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.

En 1997, il est arrêté au large de l'Angola à bord d'un bateau bourré d'armes et de mercenaires. Placé en détention, il est rapidement expulsé vers l'Espagne dans un vol spécial affrété par le gouvernement espagnol pour le récupérer.

Un an plus tard, des armes, dont un fusil longue portée, sont découvertes dans le port espagnol de Valencia. L'enquête révélera qu'elles étaient destinées à un complice de Moto à Malabo chargé d'abattre le Président Obiang.

C'est en 2004 que Severo Moto connaîtra son heure de gloire avec la désormais mondialement célèbre tentative de coup d'Etat du mercenaire Simon Man qui avait pour objectif de placer Moto au pouvoir à Malabo.

Dans la même période, Moto est brièvement détenu en Croatie avec un groupe de mercenaires. A force de tirer sur la corde et de couvrir de ridicule ses parrains espagnols, le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero envisage de lui retirer l'asile politique. Il est vrai que Moto est plus proche de José Maria Aznar que des socialistes espagnols... Finalement, il n'en sera rien tant Moto en sait sur les arrières cuisines espagnoles et leurs financements occultes.

Des années plus tard, on le retrouve à Paris, en France, où il conspire aux côtés de la CORED de Salomon Abeso dans le dossier dit des Biens mal acquis. La fine équipe tentera en vain de se porter partie civile (pour gagner de l'argent) sans jamais obtenir gain de cause auprès de la justice française. Fidèle à son caractère ombrageux, Severo Moto réussit l'exploit de se brouiller avec ses partenaires de la CORED pour des raisons qui demeurent mystérieuses. Les deux camps s'étriperont même sur les réseaux sociaux donnant une impression déplorable des opposants équato-guinéens en exil.

A défaut de parvenir au pouvoir par les armes, Severo Moto en est donc réduit à déverser sa bile sur internet. Au fil des « cartes postales » publiées sur son blog, il se révèle être un fervent partisan du totalitarisme le plus absolu au sein de sa propre formation politique, le Parti du Progrès.
Au point que ce dernier ne devrait pas lui survivre tant il ne s'est jamais soucié de sa succession. N'est-ce pas pourtant pas là un devoir essentiel de tout homme politique responsable ? Eviter aux siens de s'entre-tuer pour perpétuer un héritage politique ?

In fine, ni la politique ni le débat ne sont des options pour Severo Moto. Mais à trop privilégier des coups de force voués à l'échec, le voilà réduit à tourner en rond entre injures et appels à la conciliation. Mais trop tard, aucun régime politique ne dialoguera avec un homme qui ne représente plus que lui-même.


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