Qui se cache derrière Asodegue ?

16/11/2018

Jour après jour, Asodegue gratifie ses lecteurs d'une revue de presse minutieuse qui recense les articles traitant de la Guinée Equatoriale. En bon tenancier de la pensée unique anti-guinéenne, le site web géré par Adolfo Marugan en profite pour distribuer ses bons et ses mauvais points tel un professeur d'école. Ce média indépendant ose donner la parole aux autorités de Guinée Equatoriale ?
Il est aussitôt qualifié de porte-parole officieux du gouvernement.Telle mesure gouvernementale est-elle annoncée ? La voici aussitôt ensevelie sous une avalanche de critiques.

Certes, en Europe et ailleurs dans le monde, personne ne lit Asodegue. Mais il est tout de même intéressant de se pencher sur celles et ceux qui tirent les ficelles de cette soi-disant ONG qui dit oeuvrer à la démocratisation de la Guinée Equatoriale.

Pour cela, un rapide retour en arrière s'impose.1993. Le Président Obiang décrète le multipartisme en Guinée Equatoriale. L'Espagne est alors gouvernée par le socialiste Felipe Gonzales. Bien que l'ancienne puissance coloniale ait abandonnée du jour au lendemain son unique colonie africaine sans ressources ni cadres formés, Felipe Gonzales entend reprendre la main sur la Guinée Equatoriale.

Création d'une officine anti Guinée Equatoriale

A cette fin, le chef du gouvernement espagnol renoue avec de vieux démons coloniaux et monte au sein du ministère espagnol des Affaires étrangères un bureau (officine serait plutôt le terme adéquat) dédié à la Guinée Equatoriale. Une pratique insolite dans les annales de la diplomatie espagnole. Et même de la diplomatie tout court.

Le directeur général de cette officine se consacre alors à créer de toutes pièces, pour le compte du lobby socialiste, une opposition radicale au régime du Président Obiang. C'est dans ce giron malsain, revenchard et néo-colonialiste qu'est née Asodegue. Pour être sûrs de ne pas être trahis, les socialistes espagnols mettront à sa tête Adolfo Marugan, un Espagnol pur jus, et non un Equato-guinéen.

Le gouvernement socialiste mise alors, comme on mise au casino, sur Asodegue. Il propulse sa créature sur le devant de la scène politique en lui déroulant le tapis rouge au sein de l'internationale socialiste. Et ouvre le robinet des subventions qu'Asodegue est sensée redistribuer aux différentes formations politiques d'opposition au régime du Président Obiang. Ce qui ne manque pas de générer de nombreuses tensions tant Adolfo Marugan fait preuve d'opacité financière dans la répartition de la manne espagnole.

Les autres formations politiques lui reprochent en effet de faire preuve de sectarisme idéologique et de trop favoriser le CPDS. Le fait qu'Asodegue n'ait jamais publié ses comptes ou ses sources de financement accrédite cette thèse.

Constatant par ailleurs qu'Asodegue peine à peser sur la politique équato-guinéenne, décision est prise, à Madrid, de créer une émission consacrée à la Guinée Equatoriale sur Radio Exterior de Espana. Celle-ci est diffusée quotidiennement de 17 heures à 18 heures et seule l'opposition a le droit de s'exprimer. Ce cirque médiatique durera presque une décennie avant que l'émission ne disparaisse. Asodegue, elle, continue d'exister.

Tout ça pour ça ?

Avec le recul historique, une seule question prévaut : tout cela pour quel résultat ? Asodegue n'a jamais contribué à la démocratisation de la Guinée Equatoriale. Ni de près ni de loin. Cette association n'a jamais organisé le moindre séminaire sur le sujet, n'a jamais participé au moindre dialogue national, n'a jamais effectué une visite en Guinée Equatoriale et n'a jamais participé à la moindre réunion de concertation organisée entre les pouvoirs publics et l'opposition. Elle n'a fait qu'oeuvrer à diviser les forces vives du pays.

Cela n'empêche pas Adolfo Marugan et ses sponsors socialistes espagnols de continuer leur combat. Au moins, maintenant, les Equato-Guinéens ont-ils pleine conscience qu'Asodegue n'est que le cheval de Troie d'intérêts qui leur sont hostiles. Et c'est déjà beaucoup.

G.CADEMO

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