Cameroun-Guinée Equatoriale : Différend frontalier, après des tensions, les deux pays ouvrent le dialogue pour l'apaisement

30/06/2020

Après de longs mois marqués par de vives tensions à leur frontière, la Guinée Equatoriale et le Cameroun s’acheminent peut-être vers l’apaisement.

Le ministre de la défense de Guinée-Equatoriale est arrivé au Cameroun dimanche soir à la tête d’une délégation. Il doit rencontrer son homologue du Cameroun.

Équato-guinéen Bekale Nkogo Léandre et le camerounais Beti Assomo Joseph vont avoir des réunions de concertations du 29 au 30 juin 2020 au sujet du différend frontalier qui oppose le Cameroun et la Guinée-Equatoriale.

Le programme prévoit lundi, les travaux des experts à huis clos. Les travaux des chefs d’Etat-major des deux pays à huis clos.

Les deux jours de concertations seront sanctionnés par une rencontre des deux ministres de la défense mardi.

Selon le ministère camerounais de la défense, la concertation entre les deux parties portera essentiellement sur les modalités de collaboration et d’actions sécuritaires communes à la frontière entre les deux pays.

Nos informateurs indiquent que, les deux pays vont discuter du tracé de leur frontière.


Pomme de discorde

La pomme de discorde entre les deux pays, est née de l’intention de la Guinée - équatoriale de construire un mur de séparation sur sa frontière avec le Cameroun.

Selon plusieurs médias, le chef d’Etat équatoguinéen souhaite construire ce mur pour protéger son territoire après avoir déjoué un coup d’Etat en fin décembre 2017. Les « mercenaires » tchadiens et centrafricains du commando étaient passés par le Cameroun. Du coup Obiang Nguema a décidé de fermer sa frontière avec le Cameroun abandonnant l’accord de 2013 sur la libre circulation en zone Cemac actée quelques mois plus tôt par tous les 6 Etats membres (Cameroun, Centrafrique, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad), en novembre 2017 à N’Djamena (Tchad) après sa ratification un mois avant.


La Guinée Equatoriale a ensuite accusé le Cameroun de laisser de nombreux ressortissants d’Afrique de l’Ouest transiter par son territoire pour se retrouver « illégalement » en Guinée-Equatoriale.

Le Cameroun a ensuite déployé une unité de plusieurs dizaines de militaires pour surveiller particulièrement sa frontière avec la Guinée-Equatoriale.


Depuis deux ans, les tensions à la frontière entre camerounais et équato-guinéens sont vives comme l’affirme Vincent Ahanda interrogé au téléphone.

«Nous n’arrivons plus à aller dans nos champs. Ils ont défriché sur les espaces que nos ancêtres et nous cultivons depuis des siècles. On ne peut plus supporter ça. »

L’armée camerounaise a dénoncé empiètement d’une profondeur variant de 1 à 2 kilomètres de son territoire.

Informé de la situation, le Cameroun a œuvré pour que le mur ne soit pas construit. Le président camerounais a dépêché à la frontière, plusieurs missions sur le terrain avec à la tête les ministres de la défense de l’Administration territoriale et le chef d’Etat-major des armées.

Source :koaci.com



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